04/06/2026
Le graffiti : une exposition au cercle naval
Graffiti-writing : quel art ?
C'est plutôt par curiosité que je me suis rendu au Cercle naval de Brest, aujourd'hui désaffecté, et transformé pour l'occasion en musée. Le Centre d'art contemporain Passerelle y a migré, pour organiser une petite exposition intitulée "Brest sous les bombes", sur le graffiti-writing, cette activité qui se veut un art, et qui est née à New York dans les années 80 avec le mouvement hip-hop (qui donnera en musique le rap).
"Brest sous les bombes", allusion détournée à la Seconde Guerre mondiale, en l'occurrence ici : les bombes de peinture fraîche dont se servent les tagueurs pour inscrire sur les murs leurs sigles de la tribu, qu'on appelle donc aussi des tags. Le point fort de l'exposition est cette histoire technique des bombes pour taguer, de leur invention au milieu du XXe siècle jusqu'à aujourd'hui.
Cet art qui se voulait subversif, d'ailleurs interdit sous peine d'amende à l'époque, le voilà désormais qui passe dans un lieu de mémoire, comme s'il appartenait déjà au passé et qu'il était devenu complètement inoffensif. L'exposition du Cercle naval nous permet certes de faire un bilan, que je résumerais par la question : le graffiti-writing est-il de l'art ? À vrai dire je n'en suis pas sûr.
Le hip-hop m'a plus convaincu en musique. J'ai toujours eu du plaisir à écouter le rap new-yorkais, en particulier celui de Nas, un surdoué. L'exposition évoque bizarrement le groupe britannique The Clash (cf. 3e photo), mais sans dire qu'à la base il était punk. C'est à l'occasion d'un voyage à New York que ses musiciens, fascinés par la nouveauté, se sont immergés dans le hip-hop, jusqu'à enregistrer un disque resté fameux : The Magnificient Seven (1981). Ainsi, punk et hip-hop se sont rejoints le temps d'une session dans la Big Apple, comme si cette rencontre était inévitable.
Cette exposition, par son intérêt même, malgré ses limites, montre qu'un exercice d'inventaire plus ambitieux pourrait donner quelque chose de passionnant, à condition de ne pas en rester à quelques petits graffitis tagués sur les murs. La grandeur du hip-hop, selon moi, est global. Il faut l'accueillir dans toute ses composantes, qui forment un tout créatif ayant marqué les modes et les diverses représentations du monde — j'allais dire du spectacle.
Jusqu'au 6 juin. Entrée gratuite.
07:23 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)